IntroductionIntroductionEpidémiologieI. Epidémiologie des calculs rénauxI.1. Prévalence des calculs rénauxI.2.Une tendance en hausse chez l’enfantPhysiopathologieII. Physiopathologie des calculs rénauxII.1. LithogenèseII.1.1. La sursaturation urinaire : moteur de la cristallogenèseII.1.2. Promoteurs et inhibiteurs de la cristallisationII.2. Volume et composition urinaire : un équilibre nécessaireFacteurs de risqueIII. Facteurs de risque de la lithiase urinaireIII.1. Facteurs de risque individuels immuablesIII.1.1 Antécédents familiauxIII.1.2. Race et origine ethniqueIII.1.3. Âge et sexeIII.1.4. Changement actuel de la prévalence en fonction du sexeIII.2. Facteurs liés au mode de vieIII.2.1. Apports en calciumIII.2.2. Facteurs de risque alimentaires émergentsIII.2.3. Association à d’autres maladies chroniquesDéshydratationIV. La déshydratation : facteur de risque des calculs rénauxIV.1. Faible volume urinaire : facteur de risque clé dans la formation de calculs rénauxIV.2. Facteurs environnementaux prédisposant à un faible volume urinaireIV.2.1. Risque de calculs rénaux en fonction de l’activité professionnelleIV.2.2. Climat et température : facteurs de risqueEau et récurrenceV. Augmentation de la consommation d’eau et prévention de la récurrence de la lithiaseV.1. Réduction du taux de récurrence par une hausse des apports hydriquesV.2. Apports hydriques et marqueurs urinaires chez le sujet formant des calculsEau et incidenceVI. Augmentation de la consommation d’eau et prévention primaire des calculsVI.1. Réduction de l’incidence des calculs par augmentation des apports hydriquesVI.2. Apports hydriques et paramètres urinaires chez le sujet sainCoûts sanitairesVII. Apports hydriques et coûts sanitaires engendrés par les calculs rénauxVII.1. Réduction des coûts de la récurrence lithiasique par des apports hydriques adéquatsVII.2. Réduction des coûts du premier épisode de lithiase par des apports hydriques adéquatsRecommandationsVIII. Recommandations alimentaires et hydriques pour la prévention de la lithiaseVIII.1. Recommandations pour la prévention de la récurrence lithiasiqueVIII.2. Recommandations alimentaires et directives sur les apports hydriques pour la population généraleConclusionConclusionRéferencesRéferences

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Eau et incidence

VI. Augmentation de la consommation d’eau et prévention primaire des calculs

La consommation d’une plus grande quantité d’eau est largement recommandée en prévention secondaire de la lithiase, mais seulement un petit nombre d’études se sont concentrées sur la prévention primaire.

VI.1. Réduction de l’incidence des calculs par augmentation des apports hydriques

Deux études de cohorte prospectives impliquant 45 619 hommes et 91 731 femmes n’ayant jamais présenté de calculs rénaux ont montré une corrélation inverse entre les apports en liquides et le risque de néphrolithiase. Le risque relatif du quintile supérieur des apports en liquides comparé au quintile inférieur était de 0,71 chez les hommes et de 0,61 chez les femmes. Ces résultats montrent qu’une consommation supérieure de liquides est associée à un risque de calculs rénaux inférieur (Curhan et al. 1993 ; Curhan et al. 1997b).

 

Les données les plus solides témoignant d’une prévention primaire par l’augmentation de la consommation d’eau figurent dans l’étude d’intervention publiée par Frank et al. en 1966. Dans leur article, les auteurs étudient l’effet d’une éducation à la consommation d’eau sur le volume urinaire et sur l’incidence de lithiase. Des sujets n’ayant jamais connu d’épisode de calculs rénaux ont été recrutés dans deux villes d’une région montagneuse désertique et aride d’Israël. Dans la nouvelle ville d’Arad, les sujets ont reçu une formation sur la consommation de grandes quantités de liquides, tandis que les sujets de l’autre ville Beersheba ne recevaient aucune instruction et constituaient le groupe témoin. Au terme des trois ans de suivi, chez les habitants de la ville d’Arad, le volume urinaire était plus élevé et la prévalence de lithiase plus faible (prévalence de 0,28 % dans la ville d’Arad et de 0,85 % dans la ville de Bersheeba). Cette étude montre qu’une plus grande consommation d’eau, atteinte par l’éducation, permet de prévenir l’urolithiase chez les sujets vivant dans des zones géographiques au climat chaud et sec (Frank and De 1966).

VI.2. Apports hydriques et paramètres urinaires chez le sujet sain

Peu d’études cependant ont été consacrées à l’impact d’une augmentation de la consommation d’eau sur les paramètres urinaires intervenant dans le processus de formation de calculs. La plupart d’entre elles ont été menées simultanément sur des sujets sains et sur des sujets formant des calculs, et démontrent donc les avantages d’augmenter la quantité d’eau consommée dans le cadre de la prévention primaire et secondaire de l’urolithiase. Par exemple, Borghi et al. ont observé l’effet bénéfique d’une plus grande consommation de liquides sur plusieurs facteurs de risque urinaires chez 12 sujets sains. Un volume supplémentaire de 500 mL d’eau avant le coucher conduisait à une réduction de la sursaturation relative en oxalate de calcium (CaOx), et à une augmentation de la tolérance de l’oxalate sans modification du seuil de la zone métastable concernant CaOx. Par ailleurs, l’effet inhibiteur des macromolécules sur la cristallisation du composé CaOx n’était pas réduit par l’augmentation des apports hydriques (Borghi et al. 1999a). Pak et al. ont rapporté des résultats semblables chez 3 sujets n’ayant jamais présenté de calculs rénaux : la consommation d’une plus grande quantité d’eau pour obtenir un apport total en eau de 2,3, 2,5 ou 3,3 L/j a entraîné une réduction de la sursaturation urinaire en oxalate de calcium, en phosphate de calcium et en urate de monosodium, et à une augmentation de la limite supérieure de la zone métastable concernant CaOx (Pak et al. 1980). Plus récemment, De La Guéronnière et al. ont étudié l’effet de la consommation d’une plus grande quantité d’eau sur l’indice de Tiselius (CRIT).

Quarante-huit sujets sains ont été répartis en deux groupes, le premier étant un groupe témoin et le second un groupe dont les sujets devaient boire une quantité d’eau supplémentaire de 2 L/j. Après une semaine d’intervention, le volume urinaire des sujets du second groupe avait augmenté de 1,3 L/j. Dans les urines recueillies sur 24 heures, l’indice CRIT était réduit de 33,9 % chez les femmes et de 44,8 % chez les hommes, par rapport aux sujets témoins (de La Gueronniere et al. 2011).

 

 

Messages à retenir

De plus en plus de données montrent que la consommation d’une grande quantité d’eau aide à prévenir un premier épisode de calculs rénaux.

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